vendredi 1 juillet 2011

La 3D est-elle morte ?

La 3D, démocratisée par le succès planétaire d'Avatar, est-elle sur le point de se raréfier, voire de disparaître ? C'est ce qu'il semblerait, au vu des dernières tendances. Petit rappel des fait, lorsque la bombe de James Cameron envahit les écrans fin 2009, la majorité des spectateurs n'a pas encore vu de films en 3D, les productions bénéficiant de ce procédé étant jusque là très rares, et les salles équipées de projecteurs et lunettes adéquates le sont plus encore. L'attente provoquée par ce qui restera pour beaucoup une date dans l'histoire de la mise en scène poussa les exploitants à présenter autant que faire se peut le film en 3D, avec le succès que l'on sait.

Devant le raz-de-marée Avatar, Hollywood est évidemment désireux d'exploiter cette réussite. Un problème se pose néanmoins, les tournages en 3D sont extrêmement compliqués et coûteux. Le matériel est encore très cher, compliqué à utiliser, et ralentit donc l'organisation d'un tournage, tout en faisant exploser les coûts. Pour répondre à la demande, les exécutifs des studios décident donc de convertir des films préalablement tournés en 2D. Le processus est hélas de piètre qualité, mais les business man espèrent alors faire des vessie pour des lanternes au public. Cette pratique est encore la plus répandue, et aura causé énormément de mal à la réputation de la 3D. Le résultat ? Des copies abominables et beaucoup trop sombres, qui déçoivent beaucoup, ce fut le cas du Choc des Titans, ou plus récemment de Thor.

Pour le public, l'addition est salée. Une troisième dimension aux allures de gadget, qui assombrit considérablement l'image, occasionne un surcoût, est rarement bien exploitée, et peut éventuellement occasionner des maux de tête. Mais pendant quelques mois, le navire tient bon, et la 3D continue de booster les entrées en salle... La contestation est née aux États-Unis, et c'est là-bas qu'elle s'exprime le plus ouvertement, l'immense parc de salles permettant de projeter les films en 2D et en 3D.

En effet, depuis le début de l'été, les projections en deux dimensions ont repris le pas sur les autres. Ainsi, des films tels que Kung-Fu panda II, ou encore Green lantern marchent bien mieux dans les salles traditionnelles que dans les salles équipées. De plus, les blockbusters en 2D, comme Fast and Furious 5, s'avèrent les plus rentables. La situation devient même critique pour un film comme Pirate des caraïbes 4, dont nombre de spectateurs sortent outrés, agacés de payer pour un film extrêmement sombre (certains mauvais esprits ajouteront que la piètre qualité du métrage n'est pas étrangère au fait que ses recettes soient moindres que celles de ses prédécesseurs).

Plusieurs dirigeants de studio ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient réduire de manière drastique le nombre de films à sortir en 3D. Si ce changement de politique permet une baisse du coût des places, une raréfaction de la 3D (qui sera ainsi de meilleure qualité), et d'éviter à certaines oeuvres d'être charcutées au nom des bénéfices, on ne peut qu'applaudir. Reste à savoir comment les exploitants, qui ont massivement investi dans le passage à la 3D, prendront la nouvelle...download movies

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire